08
Mar
12

Film : à l’ombre de la République


Faire entrer une caméra en prison n’est pas une petite affaire. Dans son court métrage “Avec mon petit bouquet” produit par mille et une films, Stephane Mercurio nous montre l’entrée d’ une jeune femme en blanc,  qui souhaite passer avec son bouquet de fleurs par les portiques de sécurité. Cela sonne plusieurs fois, jusqu’à ce que le gardien fasse enlever les chaussures. La scène jouée par Zazie qui vient épouser son détenu de mari (l’ex syndicaliste des Contis, Xavier Mathieu, excellent dans le rôle)sonne juste, parce que documentée. Toute entrée en prison d’un regard extérieur se confronte à cette difficile acclimatation. La prison est un lieu construit pour enfermer, écarter de la société, “ accomplir “une peine” odonnée par un tribunal. Le portique électronique, c’est la frontière entre eux et nous. Au delà, on est “à l’ombre”. Ce sont les zones d’ombre de cette frontière qui sont en question dans le documentaire de Stephane qui sort en salle cette semaine. La réalisatrice a pu poser sa caméra dans les pas des contrôleurs des lieux de privation de liberté. Ils ont accès aux détenus et aux gardiens, aux directeurs et aux infirmiers. Dès le début, on est saisi par la qualité d’écoute des contrôleurs, la qualité de leur relation aux détenus. Ils sont là pour constater, enquêter sur le non respect des réglements, les atteintes éventuelles aux droits de l’homme. Leurs rapports seront transmis aux administrations concernées. Est ce que cela sera suivi d’effets? C’est une autre question et pendant le film on se met a compter : 30 contrôleurs pour 65 000 détenus. Ce qui compte, dans le film, c’est que ces contrôles nous permettent un regard neuf sur la prison qui n’est pas celui auquel la télévision nous avait habitué, fait de visites rapides avec des visages floutés, de paroles qui paraissent volées ou “clichés”. Ici, ni apitoiement, ni voyeurisme. Force du documentaire quand il trouve la bonne distance, le temps d’écouter et installe une relation à trois : le contrôleur, le détenu et le spectateur. Quand le contrôleur entre dans une cellule, il déplie le mètre pour mesurer la surface. Quand il interroge les détenus, ce qui surgit va à l’essentiel, au delà de l’application des réglements : l’absence d’espoir « On paie nos erreurs, mais ne nous accablez pas davantage ; si vous tuez l’espoir, vous tuez l’homme. Il ressort encore pire. Vous créez des fauves ! » crie l’un d’eux. Avec cette absence de sens donné à la peine de prison, on assiste à un basculement infernal dans l ‘effacement des personalités à coups de camisoles chimiques. Quand l’ombre est trop forte, c’est le tunnel de la disparition. L’absence de relations, quand on entend un detenu appeler un gardien qui ferme le quartier une fois le dernier repas distribué. Une feuille de papier glissée par la porte s’agite en vain. Le contrôleur lui même est filmé à la fin, enfermé, derrière la grille, attendant qu’il y ait quelqu’un pour le voir de l’autre coté de la caméra de surveillance. Parmi les grands films sur la prison, il y eut celui de Frederic Pottecher dans les années soixante, conçu spécialement pour faire évoluer l’opinion publique sur l’état désastreux du système pénitentiaire. Le pouvoir gaulliste s’ orientait alors vers la construction de nouveaux établissement comme Fleury Mérogis. Aujourd’hui, la prison est le dernier souci de ces élections présidentielles. C’est pourquoi il est urgent d’ aller voir ce film et de le faire voir .

A l’ombre de la République “ Un film produit et distribué par Iskra/ co production Canal plus. Diffusé en salles de cinéma depuis le 7 mars. lien vers le site : http://www.alombre.fr/

Photographie : Grégoire Korganow

Droit a l’image des détenus :

Un autre film sur la prison, le « Déménagement », produit par Candéla, réalisé par Catherine Rechard attend toujours d’etre diffusé à la télévision. L’administration pénitentiaire a interdit sa diffusion sur les écrans tv  en vertu d’un article de loi  qui a pour but de protéger les victimes. On voit là encore  le souci d’effacer jusqu’aux visages des détenus  adultes qui prennent le risque que leur image et leur parole circulent librement. Jean Marie Delarue, délégué général du contrôle des lieux de privation de liberté commente cet article de loi et son interprétation souvent abusive et discrétionnaire par l’administration pénitentiaire :

« Les personnes détenues ne sont pas, durant leur détention, dépossédées de leurs droits fondamentaux. Mais on remarque que leur droit à l’image est bousculé, de manière d’ailleurs contradictoire : d’un côté l’administration pénitentiaire le méconnaît en réclamant le « floutage » a priori et systématique de ceux qui acceptent pourtant de parler à visage découvert ; d’un autre côté, les médias le méconnaissent en faisant étalage « d’affaires » judiciaires sans se préoccuper de l’accord des personnes en cause qui, le CGLPL est bien placé pour le percevoir dans ses visites ou dans les lettres qu’il reçoit, en subissent en détention des conséquences parfois très graves. En effet, la télévision, un des vecteurs cardinaux de l’information, rythme la vie dans l’univers clos de la prison. Et c’est avec une puissance démultipliée que ce qui se passe « dehors » se répercute et se transpose « dedans ».

Pourtant, le législateur de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 a concilié, par son article 41, ce droit à l’image des personnes condamnées et le caractère insupportable de l’image que pourrait avoir la diffusion, notamment pour les victimes, du visage d’un criminel. Selon l’article 41, l’administration ne peut s’opposer à la diffusion de l’image d’une personne détenue que si elle a des motifs de croire que cette diffusion va provoquer des difficultés au regard du respect des victimes ou de l’intérêt du détenu lui-même.”.

L’administration pénitentiaire « peut » s’opposer. Elle n’en a pas l’obligation. Si aucune des raisons prévues par la loi pour refuser n’est justifiée, elle ne le doit pas. Pourtant, l’administration pénitentiaire continue d’exiger le « floutage » des visages des personnes détenues condamnées dans les conventions qu’elle fait signer aux opérateurs, ces mêmes visages qu’on voit bien s’afficher sur de nombreuses chaînes de télévision. Alors avant d’y procéder, faisons simplement ce que la loi nous impose : demander aux personnes concernées leur accord. A l’inverse, si des personnes condamnées souhaitent vraiment s’exprimer à visage découvert, pourquoi les en empêcher dès lors que le respect dû aux victimes et la sécurité ne s’y opposent pas ? Pourquoi ne pas leur laisser ici une autonomie ?

C’est pourtant exactement ce que le législateur de la loi pénitentiaire a fait : redonner aux personnes condamnées leur droit à l’image et ne s’y opposer d’autorité que « sous la seule réserve du respect de la dignité humaine ». Pouvoir exercer son droit à l’image, c’est reprendre possession de soi ; c’est participer à un premier acte de sa propre réinsertion.  »

Jean-Marie Delarue. (extrait dossier de presse du film de Stephane Mercurio)

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10
Fév
12

Film: les nouveaux chiens de garde


 

J’ai longtemps gardé le livre de Paul Nizan comme livre de chevet. J’ avais acheté ( ou volé) chez Maspero son “Aden Arabie”. Couverture verte et préface de Sartre avec qui il etait a Normale sup. Mieux que les chiens de garde, ce voyage sur les traces de Rimbaud sonnait comme un appel à la rupture.

Le destin tragique de Nizan y était aussi pour beaucoup : mort  très jeune au début de la guerre apres avoir dénoncé la pacte Hitler- Staline , le parti communiste Français l’avait rangé, après la guerre, aux oubliettes de l’histoire. Aragon avait  transformé Nizan en Orfilat, le personnage du traître policier dans « les communistes ».

En 1932, Nizan publie “les chiens de Garde”. C’est le moment où il décide de quitter une carrière universitaire de philosophe pour militer au parti communiste. En 1934 , il est envoyé par le parti en URSS . Il y reste un an et prépare les séjours de Malraux et d’Aragon .

Pas un mot sous sa plume sur les nouveaux chiens de garde staliniens qu’il a certainement eu le loisir d’observer à Moscou. C’est que la lutte des classes fait rage et qu’il faut à cette époque “ choisir son camp “.

La sortie, en 1997, des nouveaux chiens de garde de Serge Halimi est un succès de librairie . 150 000 exemplaires . Le film récent qui porte le même titre  parait remplir les salles.

Il ne s’agit plus, comme Nizan, de dénoncer l’ idéalisme bourgeois des philosophes  de la Sorbonne mais la soumission des éditorialistes de la presse écrite et TV à leurs maîtres : les puissances de l’argent et de la politique  libérale.

Dans le film, on revoit avec plaisir le ministre Peyrefitte s’inviter au journal télévisé de la seule première chaîne pour présenter une nouvelle formule où les “spécialistes” garantiront désormais l’objectivité de l’information.

La démonstration du film repose  sur une scène centrale : une sortie de métro où défile  tout ce beau monde qui se rend- nous dit on- à une réunion de cercle mensuel.  On imagine que là, dans le secret , ils bâtissent ensemble la ligne idéologique de défense du libéralisme qui se retrouvera sur les plateaux tv de la semaine suivante.

Pour qui regarde la TV , la chose est entendue, depuis bien longtemps, on ne voit que les mêmes, de plateau en plateau , mettre en musique la même chanson, faire semblant de s’opposer sur des broutilles, énoncer ce que Jean Francois Kahn avait appelé la loi du  “politiquement correct “. Ils chassent en meute, c’est sûr . Le film rappelle que sur TF1, il est interdit de parler des fissures de la centrale de Flamanville construite par Bouygues et que sur France 2 , la course a l’audience oblige a ouvrir sur des faits divers qui entretiennent un climat de peur exacerbée.

Bref , pour résumer :nos médias sont aux mains d’entreprises capitalistes et ces journalistes là  ( de Giesberg à Joffrin en passant par Plenel, Colombani, Cotta, Duhamel, Elkabach, tous dans le même sac…) sont aux ordres, tous dans le même paquet !

C’ est une charge réjouissante  en apparence s’appuyant sur le ressort comique du suivisme répétitif de la “meute” mais je sors du film avec l’impression d’avoir été matraqué pendant une heure trente par une contre propagande simpliste. L’ analyse repose sur une théorie  économiste du complot des gros contre les petits,(proche de la thèse des deux cent familles  qui  noyautent la France et du “qu’ils s’en aillent tous “ de Jean Luc Melanchon) La connivence se jouerait dans des lieux secrets et dans les alcôves des mariages entre journalistes et des politiques. Le tableau d’une presse sous contrôle et totalement muselée fait l’impasse sur le travail d’enquêtes et d’analyses – qu’on souhaiterait toujours plus développé – présent sur nombre de titres et d’émissions TV.

C’est un peu comme si, traitant de l’éducation nationale, on ciblait quelques notables en traitant, comme jadis, tous les profs comme des » flics- selectioneurs » au service de la reproduction des classes sociales.

Ma surprise est de retrouver  dans le film Henri Maler, ancien dirigeant de “Révolution “  à la place du spécialiste des médias. Il est vrai  que Maler anime un site auto proclamé “observatoire des médias”  qui  ne conçoit de bonne presse que celle du tract de dénonciation du capitalisme.  Il nous guide de sa pensée subtile pendant tout le film pour nous expliquer que la lutte des classes traverse les médias. Belle découverte !

Les autres « spécialistes  » sont tout aussi inconnus au niveau de la recherche sur les médias.

Rien n’a  donc changé depuis Paul Nizan et ce ne serait qu’avec une bonne conscience de classe qu’on ferait de bons journalistes. de ceux que l’on ne trouve qu’à L’humanité, à Politis ou au monde Diplo.

Je retrouve une chronique de mon père parue dans  l’ Arche en 1998, au moment de la sortie du livre de Serge Halimi.

Bien placé pour connaître de l’intérieur les jeux d’influence entre le pouvoir et la presse , il a été rédacteur en chef à France soir puis à l’Express , Jean Paul donne raison à Serge Halimi quand il dénonce “le journalisme de révérence”ou “le fait divers qui fait diversion.  “ Dans le rôle de ces nouveaux chiens de garde , Daniel Bilalian et Jean-Pierre Pernaut jouent les pittbulls”. renchérit il.

Il ajoute, en conclusion:   “ on est en droit de s’interroger sur l’absence de toute allusion à une autre forme de journalisme, aussi déplorable, celui que pratique une certaine presse : les chiens de garde du stalinisme, ça existe aussi.”

Rien à ajouter. Les auteurs de ces “nouveaux chiens de garde” évitent soigneusement de s’interroger sur la langue de bois et l’absence de pluralisme à l’oeuvre dans les organes de presse auxquels ils participent.

Le film est lui-même une caricature du documentaire qui regarde le réel comme le montage d’ une démonstration idéologique.

On me dira : pourquoi bouder son plaisir et ne pas saluer cette charge salutaire contre les « médiacrates « ? Parce que  le sujet est justement assez grave pour notre santé démocratique pour éviter les caricatures.

Utile contre propagande qui prend le public dans le sens du poil mais aussi propagande qui n’ouvre aucune perspective de travail pour une reforme du fonctionnement des médias en question.

07
Fév
12

Rithy Panh:  » l’élimination »


  Un film et un livre. Le film, c’est « Duch, le maître des forges de l’enfer« . Le livre « L’élimination » signé Rithy PANH avec Christophe Bataille (Editions Grasset). Le film est  le récit de la confrontation  du cinéaste avec le bourreau. Duch a dirigé le camp S21 où furent torturés et éliminés 12380 cambodgiens sous le régime des khmères rouges entre 1975 et 1979.

Pour la première fois, le cinéaste qui a consacré tous ses films (a part le « Barrage contre le pacifique » ) à la mémoire du Cambodge éprouve le besoin de passer par l »écrit. Dans « l’élimination », il raconte la confrontation avec Duch, la difficulté d’être face au bourreau, de déjouer ses stratagèmes, de le confronter aux faits, aux témoins survivants, aux documents  filmés quelques années plus tôt,  dans  » S21 , la machine de mort .  »  Tous ces « détails » que l’histoire voudrait oublier et que le  tortionaire cherche à mettre à distance dans une prétendue « chaine de responsabilités » quand il cherche, comme Eichmann, à se présenter comme un technicien organisateur.

Duch n’est pas un monstre ou un bourreau fascinant-écrit Rithy Pann- c’est un homme qui pense, relié à un projet pensé. »

Ce qui est fascinant, pour le spectateur dans le face à face filmé, c’est  ce  « jeu « de Duch  face aux documents que ramène obstinément  le cinéaste, non pour le confondre car il n’est pas juge mais pour permettre à cet homme de dire sa responsabilité.

 » Je veux que la vérité soit établie et documentée. Si aucun détail de l’hstoire n’est contestable, alors ce crime de masse ne sera jamais un détail  »   Rithy raconte aussi ce que fut sa vie et celle de sa famille pendant cette période. Un  livre qui est du même niveau que  » l’espèce humaine » de Robert Antelme  ou  « Auchwitz et après » de Charlotte Delbo.  Un livre qui décrit le quotidien d’un jeune garçon qui voit son père, sa mère  sa soeurs , son neveu , sa nièce disparaître. Ce qu’il décrit, c’est  un »génocide de classe » mené par les marxistes léninistes de l’Angkar, des intellectuels en partie formés par l’université Française et qui ont pensé que le chemin du communisme passait par l’élimination du mauvais peuple.

J’appartiens à une génération qui, en France, a soutenu les combats des peuples d’Indochine contre les interventions de l’impérialisme américain. Pendant cette nuit cambodgienne, nous qui avions vu le film d’Alain Resnais « Nuit et brouillard » nous n’avons pas  voulu nous informer assez tôt. Le pire, c’est que des intellectuels comme Chomsky ou Alain Badiou  ( je ne parle même pas de  l’avocat Verges) n’aient jamais renié leurs écrits de soutien aux kmères rouges, même après 1979, quand la vérité de l’extermination (1 million 700 000 morts)fut connue.

J’ai rencontré Rithy Pann au festival de Douarnenez en 2003. Il présentait  son film « La terre des âmes errantes » et je me souviens d’une de ses phrases :  » Je pose ma caméra près des gens, à la distance ou ils peuvent me donner un coup de poing pour arrêter le tournage. »  Lisant l’élimination, je comprends mieux que l’oeuvre du cinéaste  n’obéit pas à « un devoir de mémoire  » ( l’odieux vocable à la mode )  mais  à la nécéssité de survivre et pour cela, de « raconter le monde d’avant pour que « sa mauvaise part ne revienne plus » .

Lien vers article sur le film  » Duch, le maître des forges de l’enfer » : http://www.e-litterature.net/publier3/spip/spip.php?page=article5&id_article=121

Lien vers « Désirs de films » entretien avec Rithy Panh 2003 www.filmsenbretagne.com/filesDownload/…DESIR_DE_FILM/Panh.pdf

30
Jan
12

Dans Littoral du samedi 11 fevrier: “tournez manèges!”


Quand l'industrie fout le camp: culture de l'éléphant et culture ouvrière.

A Nantes, c’est un haut lieu de  la mémoire ouvrière.  C’est aussi un lieu dédié au spectacle de rue, symbolisé par cet éléphant géant  qui est devenu l’attraction du lieu. L’été prochain, l’éléphant conduira ses passagers vers le carrousel des mondes marins, un manège peuplé d’animaux féeriques qui rappellent l’univers de jules Verne Imaginez qu’ici furent construit et lancés les fleurons de la navale Nantaise. Le souvenir du Belem, des trois mats barques, des sous marins.  On peut les retrouver à la maison des hommes et des techniques, un musée animé par les anciens du chantier Dubigeon, fermé en 1987. Pour les anciens des chantiers, le site de l’ile de Nantes ne doit pas se transformer en parc d’attractions. Ils veulent préserver les traces de la culture ouvrière. Pour les nouveaux troubadours de l’atelier des machines, la construction des mondes marins accompagne la mutation de la ville. Ce reportage nous montre comment les uns et les autres veulent donner du sens à ce territoire et  comment  l’industrie de la navale a été remplacée par l’industrie du spectacle.

A voir le samedi 11 février sur l’antenne de France 3 ouest à 16h 15

Et pour le revoir : http://regions.france3.fr/littoral/voir-les-emissions/embarquez-tourneboulez

image: Patrick Meheut, Camille Lequellec

Son : Philippe VIRLOIS

Lumiere   Olivier Billard

Montage:  Cedric Tromeur

mixage :Pascal Colombier

rédactrice en chef Littoral: Aline Mortamet

Production : Sophie Bourhis

Lien :http://regions.france3.fr/littoral/

PS 1 : Le plaisir de tourner ce reportage à Nantes. Sur les quais de l’île de Nantes, on retrouve les traces de la construction navale en bordure d’un nouveau quartier  prisé par les “bobos”. Quelques belles rencontres, celle de Jean Relet, ancien ouvrier, infatiguable syndicaliste qui défend bec et ongle la culture ouvrière au présent. Manu, David, Magaly, Samuel, Eric , les jeunes artisans de l’atelier des machines, soudeurs, chaudroniers, sculpteurs qui donnent forme aux merveilleux dessins de François Delarozière. A les regarder travailler le fer et le bois dans cet ancien atelier de construction navale, je retrouve les gestes des anciens, le plaisir du travail bien fait. Au delà de la polémique sur l’aménagement du site, c’est ce beau geste qui les rapproche.

Ps 2 : Pour comprendre les enjeux de la rénovation de l’île de Nantes, voir l’excellent documentaire de Pierre Francois Lebrun, diffusé sur France 3 pays de loire : “Entre deux eaux, les métamorphoses d’une île” (52’ Averia et France 3)

22
Jan
12

O mon Blog ! Bonne année2012


Depuis la fin 2010, plus de blog. J’avais tout simplement perdu mon code d’administrateur. Impossible d’entrer chez moi. Plus de clefs. Rendez vous compte, quelle tristesse! Je dois ici avouer mon incompétence technique. Depuis ce matin, cela fonctionne à nouveau . Un blog ressemble à ces antivols de vélo avec des combinaisons à chiffres. Je vais donc pouvoir « rouler » à nouveau et vous envoyer des nouvelles ! En attendant , bonne année à tous.

22
Jan
12

janvier 2012 : photos du jour


Baie de Quiberon. Tombée du soir. un pêcheur de coques rentre a la maison. A la radio, on annonce la perte du triple A Francais, la poursuite de la répression en Syrie, la montée du prix de l’essence et un sommet social de la crise Ici, tout est calme. Il y a de l’or au fond de la baie.

Un clic et la photo s’agrandit :

22
Déc
11

Filmer les politiques : Charles Josselin, un homme en campagne


C ‘est un film de commande. France 3  souhaite initier une collection de portraits sur les hommes et les femmes qui ont marqué l’histoire récente de la Bretagne.
Charles Josselin fut longtemps président du Conseil général des Côtes d’Armor. Devenu secrétaire d’etat , à la mer puis aux transports, il achève sa carrière ministérielle par la coopération dans le gouvernement Jospin de 1997 à 2002.
Au moment où commence le film, mars 2011, Charles Josselin se présente une nouvelle fois au suffrage des électeurs du canton de Ploubalay. Il a 72 ans. Il en avait 34 ans quand il fit une entrée fracassante en politique, battant dans le même canton le suppléant de René Pleven. En 1973, cette victoire confirmée aux législatives sur Pleven, garde des sceaux , surnommé le « menhir breton  » dans un canton rural était une prouesse pour un jeune socialiste. Une victoire qui annonçait la vague rose de 1977 dans les grandes villes bretonnes. Ce batailleur, capable d’enflammer une salle, cet homme  qui savait si bien rassembler une gauche complexée par la domination de la droite et les divisions entre socialos et communistes, chrétiens et laîques a gardé un certain panache.
Réaliser un portrait à partir d’entretiens et de documents d’archives me paraît insuffisant pour comprendre le métier de l’homme politique.  Je propose à Josselin de suivre sa campagne électorale. Je pars de l’hypothèse que c’est là que je pourrai voir l’homme en action. J’ai ainsi l’occasion de filmer ce qu’on voit rarement,  la vie d’une section PS à la base. Pendant quelques semaines, je côtoie une poignée de militants du PS fidèles et déterminés à faire gagner  une nouvelle fois « le lion des côtes d’Armor ». C ‘est une campagne à l’ancienne, sans internet ni conseiller de communication. Ici, on fait de la politique  de proximité mais le public n’est vraiment pas au rendez vous de ces cantonales.

Je n’ai pas prévu qu’à chaque réunion publique, le candidat se justifie sur son âge. La question de la durée des mandats apparaît lors de sa campagne et pour moi, cette question à laquelle il ne répond pas vraiment :  » Pourquoi, après une si belle carrière, ne voulez vous pas arrêter? » « Depuis la guerre, il n’y a eu que deux conseillers généraux dans ce canton, ce n’est pas tres normal- concède-t-il.  » Il faudrait limiter à trois mandats maximum. »

Faudrait  il imposer une limite d’âge aux politiques ?  La question est discutable :  Clemenceau  et Churchill  étaient assez vaillants pour gouverner à 80 ans. Les politiques sont comme les acteurs : ils veulent finir sur scène, et si les électeurs leur renouvellent leur confiance, pourquoi s’ en inquiéter ?

Le problème est ailleurs, dans la méfiance grandissante des citoyens par rapport à une classe politique qui n’est plus en phase avec les attentes du pays et qui parait incapable de s’affronter aux enjeux de la crise. Le cumul et la durée des mandats empêchent une nouvelle génération d’accéder aux responsabilités et de mieux faire entendre la voix des citoyens.  A la veille des prochaines élections, ne serait il pas temps d’ en tirer quelques leçons?

Charles Josselin, un homme en campagne, un documentaire produit par Aligal production, diffusé sur France 3 Bretagne le 30 novembre 2011

lien Aligal : http://www.aligal.com/ACCUEIL.html




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Le Blog d’Ariel Nathan

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